Désidération

désidération : Prologue
SMITH (cellule cosmiel x diplomates x akira rabelais)

 

GALERIE LES FILLES DU CALVAIRE, PARIS
26 octobre - 23 novembre 2019
* vernissage le 26 octobre à partir de 15h *

LOS ANGELES CONTEMPORARY EXHIBITIONS (LACE), USA
September 18, 2019 to November 3, 2019

« Désidération » est un projet de la Cellule Cosmiel qui réunit l’artiste SMITH, l’écrivain Lucien Raphmaj, l’astrophysicien Jean-Philippe UZAN, et leurs collaborateurs invités : le studio DIPLOMATES, le compositeur Akira Rabelais et la performeuse Nadège Piton.

Ce projet esquisse la pensée d'une humanité interstellaire à la recherche de son lien avec son cosmos originaire, en composant la possibilité d’une autre histoire, d’un autre destin de l’espèce humaine, à l’intersection de l’art, de la performance, de la philosophie, de la science, des narrations spéculatives et de la spiritualité. La prochaine exposition entièrement consacré au projet se tiendra à la Galerie les Filles du Calvaire à Paris cet automne.


exposition et soirées


A la fois lieu d’exposition, laboratoire, temple, clinique, observatoire, plateau radio - l’espace de la galerie sera investi et reconstruit par la mythologie désidérée dont il se fera l’écrin. Performances, conférences, cérémonies nocturnes, exposition évolutive - photographie, vidéo, sculpture, danse, musique : dans la lignée des précédentes expositions de SMITH, les mediums et outils entreront en conversation au sein d’une architecture composée par le studio de design et d’architecture DIPLOMATES (Matthieu Prat).L’étage de la galerie accueillera une installation photographique composée d’une cinquantaine de tirages photographiques sur aluminium (formats divers), composée à partir des archives personnelles de SMITH, d’un module de réalité virtuelle, et de la mise à disposition d’un e-liquide composé pour l’exposition. Seront également projetés ses courts-métrages inédits «Unda» (2016), «In Somnis» (2017), «Les Apocalyptiques» (2019) ainsi que «TRAUM» (2016) dans une salle consacrée.Le rez-de-chaussée accueillera Radio Levania, une émission de radio composée et diffusée en direct pendant toute la durée de l’exposition par Akira Rabelais et la cellule Cosmiel, vocalement incarnée par la comédienne Nadège Piton.

Quatre soirées, intitulées « mues », ponctueront l’exposition :

Samedi 26 octobre, 20h Introduction aux phénomènes de la désidération
Jeudi 14 novembre, 19h30 Autour de l’endocosmologie
Vendredi 15 novembre, 19h30 Exercice désidéré avec Paul B. Preciado
Samedi 23 novembre, 20h Implantation cosmique

Réunie en tant qu’entité polycéphale, multidimensionnelle, ouverte, s’étant donné pour objectif la définition de la « désidération » mais aussi l’organisation de notre transition collective, la cellule Cosmiel orchestrera ces « mues ». A l’occasion de chaque soirée, les invité·es de la cellule offriront au public une série d’exercices (lectures, performances, micro-conférences...) visant à se rapprocher d’une résolution de leur condition désidérée, à travers la recherche de ce que nous appelons « l’état de Cosmiel », en référence au personnage inventé par Athanasius Kircher, jésuite allemand du XVIIe siècle, dans son ouvrage « Le voyage cosmique extatique » : Cosmiel est un ange invitant son disciple Jean à une déambulation éthérée au sein du système solaire ; nous le considérons comme le premier désidéré.

Ainsi, l’état de Cosmiel est l’aboutissement d’un processus de réconciliation vers une plénitude cosmique capable de faire place à une mélancolie positive, un souvenir paisible de l’état de manque et de solitude ressenti par les désidérés. La cellule accueillera des compagnons désidérés (« stellatniks »), issus de multiples champs disciplinaires : le chasseur de météorites Luc Labenne, le philosophe Paul B. Preciado, l’astronaute Jean-François Clervoy, l’historien Patrick Boucheron, le danseur Sorour Darabi, la créatrice de mode Elisabeth de Senneville, le chapelier Justin Smith, les comédiennes Florence Thomassin, Stéphanie Michelini et Claude-Emmanuelle Gajan-Maull, les musicien·nes Victoria Lukas, Antonin-Tri Hoang, Yelli-Yelli, Barbara Carlotti, Vatican Soundsystem... Tou·te·s interviendront lors de séances de réflexion publiques à l’occasion desquelles nous chercherons à composer un lexique propre aux phénomènes de la désidération et à nous rapprocher, collectivement, d’une transition collective vers un état de Cosmiel.

A l’occasion de la soirée de clôture de l’exposition, SMITH recevra un implant sous-cutané, contenant des fragments de météorites, afin d’opérer le processus l’hybridation cosmique prévue par le manifeste désidéré. Lors de cette journée, le
Quatre soirées, intitulées « mues », ponctueront l’exposition :

Avec la participation de : Patrick Boucheron, Andy Bradin, Barbara Carlotti, Jean-Philippe Cazier, Jean-François Clervoy, Erwan Mabilat (Dysmorphic), Guillaume Marie, Claude-Emmanuelle Gajan-Maull, Antonin Tri Hoang, Stéphanie Michelini, Monsieur K (Jérôme Marin), Luc Labenne, Victoria Lukas, Anne Pauly, Paul B. Preciado, Elisabeth de Senneville, Justin Smith, Florence Thomassin, Vatican Soundsystem, Yelli-Yelli, Zoé Wolf & Domotic…

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Désir. \de.ziʁ\ n.f. [ETYM.] de la négation du latin sidus ou sideris signifiant astre, constellation, ou étoile, qui donné desiderare (“regretter l’absence de l’étoile”). Dans la langue des marins et des augures, l’absence des astres signifiait déception, regret. [US.] De sidus, on retrouve desidere dont l’étymologie indique que désirer, c’est cesser de contempler l’astre, se détourner de lui, l’oublier, interrompre la fascination qu’il exerçait sur nous. De sidéris, on retrouve desiderium qui signifie à la fois « regret » et « désir », impliquant que ce l’on désire est perdu, manquant. L’étymologie traduit alors desideratio, desiderium ou desiterata comme la nostalgie d’une étoile, le regret d’un astre perdu, le manque douloureux d’un objet céleste ayant disparu.

Désidéré. \de.si.de.ʁe\ nf. [SOCIO.] Les désidéré.es sont à la recherche de leur infini perdu, d’une immensité spatiale dont ils cherchent à se remplir, en contemplation permanente des étoiles, qu’ils rêvent d’absorber pour se réaliser et se stabiliser dans le monde terrien. Ainsi, ce n’est qu’en s’hybridant avec l’espace, en injectant en eux un peu de l’infini qui les compose et dont le manque les ronge, qu’ils pourraient atteindre la sérénité. [ANTHROP.] Les désidérés se définissent eux-mêmes comme une humanité désidérante, désidérée, souffrant de l’absence de sidération, c’est-à-dire de lien organique avec les étoiles.  [MYTH.]  Dans la mythologie désidérée, les gènes seraient directement issus des briques élémentaires de vies apportées par des météorites sur notre planète. Cette hypothèse repose sur la théorie de la panspermie. Ils se sentent plus proches que les autres de leur origine stellaire, qui se manifeste par le vif sentiment d’être orphelin, et la manifestation permanente d’une nostalgie d’un objet cosmique vague, indéfinissable. 

Désidération. \de.si.de.ʁa.sjɔ̃\ n.f. La désidération est avant tout une maladie, une solitude cosmique, souvent mal interprétée par les psychologues. [ETYM.] De désir, sidération (voir entrées). [MED.] Le seul traitement connu à la sidération est la tentative de se rapprocher de l’état de Cosmiel, notamment à travers une hybridation cosmique (implant). [SOCIOL.] Cet implant est prend le sens d’une réconciliation entre l’anthropos et le cosmos, quête de tout désidéré,  devant mener à une mélancolie positive, un souvenir paisible de cet état de manque et de solitude. [PSY]. Syndrome du jumeau perdu ; nostalgie inconsolable que seule l’aspiration de l’humanité à rejoindre le cosmos pourrait combler. L’humanité aurait erré en pensant que ses objets de désirs se trouvaient ici-bas : c’est là-bas qu’ils résident. Aux cieux. [CINE.] Le film “In Somnis (Cosmic Junkies)” tente une description d’une épidémie de désidération.r.

Etat de Cosmiel. nm. Réconciliation d’un désidéré avec son souvenir du cosmos.

Hybridation cosmique. \i.bʁi.da.sjɔ̃ kɔs.mik\ n.f. Acte symbolique permettant à un désidéré d’absorber l’infini et de renouer son lien primordial au cosmos, en recevant un implant météoritique sous-cutané. [PHYSIO.] & [MYTH.] L’hybridation, induisant une mutation du désidéré en un organisme mi-humain, mi-cosmique, est une étape vers l’atteinte de l’état de Cosmiel.

Cosmiel. [MYTH.] Ange cosmique décrit dans l’ouvrage de Kircher “Le voyage céleste extatique” (1656), concepteur d’un vaisseau permettant d’explorer le système solaire .

Kircher, Athanasius. (1602-1680) Erudit jésuite, l’un des plus grands scientifiques de l’époque baroque. Il est considéré comme étant l’auteur premier manifeste désidéré - “Itinerarium extaticum s. opificium coeleste” (1656). Il prétend avoir été transporté dans un voyage extatique à travers les sphères des planètes, après avoir entendu un concert donné par trois luthistes.