Introduction

Conception : Cellule Cosmiel, Studio DIPLOMATES, Akira Rabelais
Langage : Narration spéculative ; Arts - photographie, musique, cinéma, architecture, performance ; Sciences - astrophysique, biologie, chirurgie ; Poésie - littérature, mythologie
Forme : Hub (installation, conférences, performances, manifeste, phootographies)
Partenaires : Galerie les Filles du Calvaire, Paris // Musée d’Art Contemporain du Val de Marne (MacVal), Vitry // LACE, Los Angeles // Etant Donnés (Fondation FACE, Services Culturels de l’Institut Français aux Etats-Unis) // Fondation FLAX, Los Angeles // Comité Professionnel des Galeries d’Art, Paris // Labenne Météorites // Justin Smith Esq // La Maison Distiller

Meteor Crater (Canyon Diablo), Arizona : 50.000 ans ; 7.1% Ni; 0.46% Co; 0.26% P; 1% C; 1% S; 80ppm Ga; 320ppm Ge; 1,9ppm Ir © SMITH

Meteor Crater (Canyon Diablo), Arizona : 50.000 ans ; 7.1% Ni; 0.46% Co; 0.26% P; 1% C; 1% S; 80ppm Ga; 320ppm Ge; 1,9ppm Ir
© SMITH

Photographe, cinéaste, plasticien, SMITH explore la pensée et la pratique de la transition, de la mutation, de l’hybridation, de l’entre-deux dans son travail plastique et théorique. Transition de genre et d’état, plasticité, métamorphoses atomiques et biotechnologiques, travail du rêve, fréquentations de l’au-delà, promenades cosmiques et transmutations jalonnent son travail et ses recherches depuis presque dix ans. Son nouveau projet « Désidération », imaginé avec la cellule Cosmiel et le studio DIPLOMATES, compose la possibilité d’une autre histoire, d’un autre destin de l’espèce humaine, à l’intersection du réel, de la fiction, de l’art, de la philosophie et de la science. Le prologue de ce projet au long cours sera présenté à la galerie les Filles du Calvaire à l’automne 2019.

En 2015, SMITH fait la rencontre de l’astrophysicien Jean-Philippe Uzan (CNRS, Institut d’Astrophysique de Paris). De leurs conversations émergera le concept de « Désidération », forgé sur l’étymologie du mot « désir », et qui désigne le rapport nostalgique que nous entretenons avec notre origine stellaire. Rejoints par l’écrivain Lucien Raphmaj, ils créent la cellule Cosmiel, consacrée à l’étude des phénomènes de la désidération. SMITH s’associe au studio DIPLOMATES (design, architecture, scénographie) pour mettre en espace la première étape de cette réflexion, puis convie le compositeur américain Akira Rabelais à rejoindre la cellule.


Désidéré-e ?

Désidéré. \de.si.de.ʁe\ n. [ANTHROP.] Les désidéré.es se définissent eux-mêmes comme une humanité souffrant de l’absence de sidération, c’est-à-dire de lien organique avec les étoiles.  [MYTH.]  Dans la mythologie désidérée, les gènes seraient directement issus des briques élémentaires de vies apportées par des météorites sur notre planète, hypothèse reposant sur la théorie de la panspermie. Ils se sentent plus proches que les autres de leur origine stellaire, qui se manifeste par le vif sentiment d’être orphelin, et la manifestation permanente d’une nostalgie d’un objet cosmique vague, indéfinissable. [SOCIO.] Les désidéré.es sont à la recherche de leur infini perdu, d’une immensité spatiale dont ils cherchent à se remplir, en contemplation permanente des étoiles, qu’ils rêvent d’absorber pour se réaliser et se stabiliser dans le monde terrien. Ainsi, ce n’est qu’en s’hybridant avec l’espace, en injectant en eux un peu de l’infini qui les compose et dont le manque les ronge, qu’ils pourraient atteindre la sérénité.

etat de cosmiel ?

Etat de Cosmiel. [MYTH.]  En référence au personnage de Cosmiel (ange cosmique décrit dans l’ouvrage de Kircher “Le voyage céleste extatique” (1656), concepteur d’un vaisseau permettant d’explorer le système solaire) : l’état de cosmiel désigne la réconciliation d’un.e désidéré.e avec le ouvenir de son origine cosmique, pouvant passer par son hybridation avec des particules météoritiques. Ce n’est que par cet acte que les désidéré-es, ayant atteint l“état de cosmiel”, pourront espérer vivre paisiblement sur Terre, accepter leur condition d’anthropos* grâce au cosmos retrouvé en ell.eux, et survivre dans ce monde détaché des étoiles. Cet acte de réconciliation, de plénitude cosmique, laissera, alors, peut-être place à une mélancolie positive, un souvenir paisible de cet état de manque et de solitude.

* On trouve plusieurs étymologies, non avérées, du mot “anthropos” - dont celle venant du grec "ana" (en haut) + "tropao" (tourné vers) + "ops", (le regard), et qui traduit anthropos comme “celui qui regarde le ciel” ; ou encore, pour Platon (dans le Cratyle), le mot "Anthropos" est présenté comme issu de la faculté de voir propre à l'homme : Socrate ainsi explique à Hermogène que l'homme, anthropos, est la contraction d'une phrase de trois mots "αναθρων α οπωπε", c'est à dire "celui qui médite ce qu'il voit".


PROJET ?

Désidération appelle une esthétique de l’infini, une esthétique du fini, une esthétique in-finie et im-parfaite.

L’Ame de l’homme fut fait pour parcourir les cieux
Délicieuse délivrance de sa prison d’ici bas!
Là-haut, débarrassée de ces chaines - le lien
Des vanités terrestres, - elle peut errer au large
Là, respirer en liberté, se dilater, s’étendre,
Dans leurs pleines proportions donne champ à tous ses pouvoirs.
Et ce n’est pas étrangère qu’elle y marche,
Mais, merveille elle-même, elle s’égare parmi des merveilles

(Young)


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Partenaires et soutiens

FRANCE :
Galerie les Filles du Calvaire, Paris
Comité Professionnel des Galeries d'Art
MACVal, Musée d’Art Contemporain, Vitry
IRAP (Institut de recherche en astrophysique et planétologie), Toulouse

USA :
Fondation FACE - Programme Etant Donnés / Services culturels de l’Ambassade de France aux USA
Fondation FLAX, Los Angeles